La CAN 2017, une compétition sans grand intérêt

La CAN 2017, une compétition sans grand intérêt

Seneweb Le 2017-01-11  Source

La Coupe d'Afrique des Nations n'est plus le terrain de chasse privilégié des recruteurs. Fabien Piveteau et Thierno Seydi décryptent ce phénomène qui ne date pas d'hier.

Il y a 10-15 ans, la Coupe d'Afrique des Nations était La Mecque des recruteurs. La compétition à laquelle il fallait absolument assister pour dénicher la perle rare et être le premier à flairer la bonne affaire. Mais les choses ont bien changé. Le temps a fait son heure et le football africain a fini par trouver sa place dans le circuit mondial. Ce qui ne rend pas simple, voire impossible, la quête d'un espoir méconnu capable de passer le cap à l'échelon européen.

"Aujourd'hui, il y a très peu de joueurs susceptibles d'être recruté à la CAN. Je pense que le tournant a été après la Coupe d'Afrique des Nations de 2008, au Ghana. En 2010, la Zambie a fait une très belle Coupe d'Afrique, mais très peu de joueurs ont réussi à sortir derrière. Moi, par exemple, ça fait deux CAN que je ne fais plus parce que je n'y vois aucun intérêt pour mes joueurs qui sont déjà tous placés", commente pour Goal Fabien Piveteau, l'agent de plusieurs footballeurs africains dont le gardien numéro un du Sénégal, Abdoulaye Diallo.

Thierno Seydi, lui, fera le déplacement au Gabon, mais il reconnaît que ses missions seront globalement différentes de celles qu'il a l'habitude de remplir. "Dans mon cas, j'y vais parce que j'ai des joueurs dans plusieurs sélections. Je suis là pour les rassurer, les accompagner, mais aussi effectivement pour être à l'affût de certaines opportunités. Il y a toujours un ou deux talents qui vont émerger, mais c'est plus du relationnel qu'autre chose", précise l'agent de Didier Drogba, qui compte "une grosse partie de la sélection sénégalaise, deux joueurs en Côte d'Ivoire et trois au Togo" parmi les membres de son écurie présents à la CAN. Une "armada" pour celui qui confirme que cette compétition a perdu de son intérêt pour les recruteurs, même s'ils la suivront par le biais des clubs. "Il est évident que certains clubs enverront toujours des recruteurs pour superviser des joueurs qu'ils suivent de près, rappelle-t-il. Avec la CAN, ils pourront ainsi découvrir une autre facette du joueur qu'ils suivent depuis longtemps."

Cette année, les joueurs méconnus seront rares. La plupart des sélections seront composées de professionnels, parmi lesquelles des joueurs comme Riyad Mahrez, Serge Aurier ou Cédric Bakambu. Autant d'éléments qui ont déjà trouvé leur place en Europe. "La CAN, telle qu'elle est décrite, ne colle pas vraiment à la réalité. Ce n'est pas une CAN pour les recruteurs. 90% des effectifs que l'on juge regardables sont constitués de joueurs professionnels. L'attrait pour les recruteurs n'est donc pas aussi immense qu'on ne le pense", ajoute Thierno Seydi, suivi dans son argumentaire par Fabien Piveteau, qui voit tout de même un intérêt pour certains joueurs : "Si je prends un cas spécifique comme le Ghanéen, qui joue en Turquie. Avec Sivasspor, il est descendu en D2. Même s'il fait une bonne saison, personne ne va aller le voir jouer là-bas. En revanche, s'il réalise une bonne Coupe d'Afrique, un club français va peut-être se dire : 'Je l'avais oublié, mais en fin de compte c'est un bon joueur."

La CAN U17 à Madagascar, le vrai rendez-vous des recruteurs

Le son de cloche est le même pour son protégé Abdoulaye Diallo, prêté à Rizespor (D1 turque) : "L'entraîneur des gardiens de Rennes regarde tous ses matches, mais ça peut quand même servir à Abdoulaye. Par exemple, imaginons qu'un club comme Angers cherche un gardien, il y a peu de chances qu'ils aillent le voir jouer en Turquie. Par contre, s'il vient à flamber à la CAN peut-être se diront-ils que c'est un bon gardien. Idem pour les dirigeants de Rennes, qui se diront peut-être qu'il est capable de remplacer Benoît Costil." En d'autres termes, laest devenue un moyen pour certains recruteurs de mettre le doigt sur des joueurs évoluant dans des championnats inférieurs et de les faire passer en France, en Allemagne, en Italie, en Angleterre ou en Espagne. Ce qui n'est pas chose aisée quand on sait que Manchester City, par exemple, a déjà mis la main sur une bonne partie des jeunes espoirs ghanéens. Une nation qui, chaque année, révèle d'excellents joueurs susceptibles de signer en Europe.

Les recruteurs, qui viennent aujourd'hui d'Asie et même du Qatar, doivent se tourner vers d'autres passerelles comme les stages organisés sur le continent. "Pour un recruteur africain, c'est plus de la détection hors CAN. C'est à dire organiser des stages, comme le font certaines académies. Là, les clubs ont l'embarras du choix. Ils ont le temps de voir des jeunes inconnus au bataillon, mais qui ont du talent", confie Thierno Seydi. De son côté, Fabien Piveteau se tourne déjà vers la Coupe d'Afrique des moins de 17 ans, prévue en avril prochain, à Madagascar. Le rendez-vous de l'année pour les recruteurs spécialistes du foot africain. "Là, je vais y aller. Il y aura plus de travail à faire dans le domaine du recrutement. Pour moi, c'est la meilleure catégorie d'âge et je pense qu'il y aura pas mal de recruteurs là-bas", nous explique-t-il, bien décidé à faire marcher ses relations dès le mois de février pour mettre toutes les chances de son côté afin de trouver la perle rare. Un Anthony Annan bis, par exemple.


Auteur: Goal - Webnews



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