Condamné à deux ans dont six mois ferme pour le meurtre de Ndiaga Diouf, Barthélémy Dias garde son éligibilité pour les Législatives

Condamné à deux ans dont six mois ferme pour le meurtre de Ndiaga Diouf, Barthélémy Dias garde son éligibilité pour les Législatives

Leral Le 2017-02-17  Source

Bien que reconnu coupable de la mort de Ndiaga Duiouf et condamné à deux ans de prison dont six mois ferme, le maire de Mermoz / Sacré-Coeur, Barthélémy Dias garde intacte son éligibilité en vue des élections législatives du 30 juillet prochain. En dehors de l'appel qui est suspensif, même s'il n'a pas été encore interjeté, les dispositions de l'article 34 du Code pénal font état d'une condamnation de cinq ans, synonyme de perte de tous ses droits.

L'affaire Ndiaga Diouf tué lors de la fusillade devant la mairie de Mermoz Sacré-Coeur le 22 décembre 2011 a livré, hier, son verdict. Selon le juge correctionnel, Barthélémy Dias est l'auteur de la mort de Ndiaga Diouf, coupable à ses yeux des délits de coups mortels, coups et blessures volontaires et détention illégale d'arme.

Cependant, contrairement au réquisitoire salé du parquet, Ali Ciré Ndiaye, qui avait réclamé dix ans de prison en plus du mandat de dépôt contre le principal mis en cause, le député mire a été condamné à deux ans de prison dont six mois ferme.

Une peine qui n'est pas synonyme d'un second séjour carcéral, d'autant qu'elle couvre la détention provisoire de Dias fils. La même peine a été infligée à ses complices, en l'occurrence Habib Dieng et Babacar Faye. En plus, le trio a été condamné à allouer 25 millions en guise de dédommages et intérêts à Aliou diouf, partie civile et père du défunt Ndiaga Diouf. Il urge de rappeler que ce dernier avait réclamé 150 millions par l'intermédiaire de ses avocats.

Une peine certes très légère par rapport à la demande de répression du parquet mais qui, selon le principal concerné, le disqualifie de la prochaine élection législative. « À partir de six mois ferme, j'ai un casier judiciaire qui me rend inéligible pour les élections législatives du 30 juillet 2017 », a commenté Barthélémy Dias devant la presse peu après le délibéré du juge. Ce qui n'est nullement le cas.

Barthelemy Diaz est bien éligible et aussi apte à briguer le suffrage des sénégalais lors des prochaines élections législatives, d'après les dispositions de l'article 33 du 22 février 1977 du Code pénal. « Les tribunaux jugeant correctionnellement pourront, dans certains cas, interdire, en tout ou partie, l'exercice de droit civique, civils e(t de famille suivant ; de vote d'éligibilité (?). L'lorsque la peine d'emprisonnement prononcée sera supérieure à cinq ans, l'interdiction définitive de tous les droits devra obligatoirement être prononcée. L'interdiction prendra effet à compter du jour ou la condamnation sera devenue définitive ».

Par contre, cette décision est loin d'être définitive. Même si Barthelemy Dias et ses conseils n'ont pas encore interjeté appel à cause de l'absence de Me Aïssata Tall Sall du territoire national. S'il est introduit, l'appel est suspensif de la décision d'instance. Dès lors, il est éligible et peut se présenter aux prochaines élections législatives. Si le maire de Mermoz Sacré-Coeur et ses complices ont tous été condamnés par le tribunal, les assaillants de la mairie de Dias fils, par contre, ont connu des fortunes diverses. Si certains comme Abdoulaye Diene, Malick Thiombane, Amath Gueye et Amamdou Sy Doucouré ont été relaxés, d'autres par contre ont écopé de deux ans avec sursis pour association de malfaiteurs, rassemblement illicite et actions diverses.

Il s'agit entre autres de Samba Diouf, Cheikh Diop, Seydina Oumar Mangane etc. ces derniers ont également été condamnée à allouer le franc symbolique à la mairie de Mermoz Sacré-Coeur comme l'avait réclamé les avocats de la défense dans leurs plaidoiries.

A noter que peu avant le délibéré du tribunal correctionnel dans cette affaire, la tension était perceptible du côté des partisans de Barthelemy Dias qui avaient très tôt envahi la salle 3 du tribunal. Une ambiance pesante au fil des minutes surtout avec la présence renforcée des gendarmes avec une dizaine d'éléments dans la salle d'audience.

C'est finalement à 9 heures 30 minutes que le juge, ses assesseurs et le représentant du parquet Ali Ciré Ndiaye ont fait leur entrée dans la salle d'audience. Le juge n'a pas perdu de temps pour livrer le verdict de cette affaire. Un ouf de soulagement pour les inconditionnels de Barthélémy Dias qui s'attendaient au pire ?

Source L'AS Quotidien


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