Sommet islamo-américain à Riyad: les présents et les absents parmi les chefs d'Etat africains

Ce sera la première rencontre entre le 45e président des Etats-Unis et le monde arabo-musulman depuis son élection à la Maison-Blanche. Et c'est à Riyad, berceau de l'Islam que Donald Trump va rencontrer une vingtaine de leaders du monde musulman, lors du sommet islamo-américain de ce week-end. Macky Sall, Ali Bongo Ondimba, Alassane Ouattara ou encore Roch Marc Kaboré? Un peu plus d'une demi-douzaine de chefs d'Etats africains vont participer au sommet.

Pour son premier déplacement à l'étranger depuis son installation dans le Bureau ovale, Donald Trump a fait d'une pierre deux coups. Lors du sommet arabe islamo-américain qui se tient les 20 et 21 mai à Riyad en Arabie Saoudite, le président des Etats-Unis pourra rencontrer les dirigeants des pays musulmans pour une rencontre à forte teneur sécuritaire.

Ala recherche d'une large coalition contre le terrorisme

Après son houleux «Muslim Ban» expulsant ou bloquant l'entrée sur le sol américain aux ressortissants de certains pays musulmans et dans un contexte international où la menace terroriste est de plus en plus grandissante, Donald Trump devrait jouer la carte de la tolérance.

Le président américain devrait aussi ratisser large pour sceller des partenariats dans la lutte contre les organisations terroristes. Dans ce sillage, le locataire de la Maison-Blanche pourra aussi rencontrer les chefs d'Etat africains, certes issus de pays musulmans, mais avec qui il clarifiera sans doute sa politique africaine, notamment sur la présence militaire et sécuritaire américaine.

Mais le sommet qui s'ouvre ce dimanche 21 mai à Riyad, la capitale saoudienne, a failli débuter avec une virulente polémique. Sous mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale pour crimes de guerre et crimes contre l'Humanité dans le conflit au Darfour, le Soudanais Omar El Béchir a annulé sa venue dans la capitale saoudienne, officiellement pour «des raisons personnelles».

En coulisses, il ne faut pas exclure une pression de Washington qui goûte peu cette présence, malgré une levée de certaines sanctions par l'Administration Obama, une semaine avant son départ et qui a fait bondir les ONG. Omar El Béchir espérait profiter de ce sommet pour engager la normalisation définitive avec Washington dont il comptait se poser en allié pour la lutte contre le terrorisme. Raté!

Une photo de famille... ou presque

Loin de cette polémique, d'autres chefs d'Etat du continent arrivent l'un après l'autre à Riyad pour participer au sommet. A la tête d'un pays à 95% musulman, le président sénégalais Macky Sall a atterri, ce vendredi à Jeddah d'où il se rendra à Riyad.

Un peu plus tôt, c'est son homologue Alassane Ouattara de la Côte d'Ivoire où 38% des 26 millions d'habitants sont de confession musulmane.

Les deux Ouest-africains devraient y croiser Mahamadou Issoufou du Niger, pays à très forte majorité musulmane ( plus 95% des 18 millions d'habitants), ou encore le Burkinabé Roch-Marc Christian Kaboré qui dirige un pays avec une importante communauté musulmane. Le président burkinabé, dont le pays subit le revers du terrorisme dans la région, est arrivé ce 16 mai dans la capitale saoudienne.

Assez surprenante, la présence signalée d'Ali Bongo Ondimba du Gabon au sommet, alors qu'il dirige un pays à minorité musulmane. Le président gabonais doit peut-être son invitation à sa conversion à l'islam, opérée en même temps que celle de son père en 1973. Avant de devenir Ali Bongo, il portait le nom d'Alain-Bernard Bongo.

L'Egyptien Abdelfattah Al-Sissi -premier chef d'Etat du continent à avoir été reçu par le président américain- et le Tunisien Béji Caïd Essebssi devraient également apparaître sur la photo de famille en compagnie de Donald Trump. Au total, ils devraient être un peu plus d'une demi-douzaine de chefs d'Etats africains présents à ce sommet.

Cette forte représentativité ne comble pas les absences remarquées. Ni le Tchadien Idriss Deby Itno, très contesté pour son administration des droits de l'homme, mais allié stratégique dans la lutte contre le terrorisme au Sahel, ni le Djiboutien Ismaël Omar Guelleh n'ont annoncé leur présence à ce sommet. Dans le même cas, le nouveau président gambien ne sera pas à Riyad qui était plus proche de l'ancien régime.

Grande figure de la promotion d'un «islam tolérant» dans la lutte contre le terrorisme, le roi Mohamed VI du Maroc a bien reçu l'invitation de son homologue saoudien. Mais sa présence effective au sommet n'atoujours pas été confirmée par une source officielle.

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