Toujours lié par sa promesse d'inverser la courbe du chômage Promesse brisée de François Hollande, dont il a fait la condition de sa candidature en 2017, François Hollande semble décidé à  miser sur la formation. Dans ses vœux pour 2016, il a annoncé un nouveau plan de formation pour 500 000 demandeurs d'emploi, et s'est fixé "l'objectif qu'aucun apprenti ne soit sans employeur et qu'aucun employeur ne demeure sans apprenti".

L'ambition de mobiliser ou de réformer la formation professionnelle et l'apprentissage n'est pas nouvelle : elle n'a cessé de rythmer la politique économique bien avant le mandat de François Hollande. Lui président fait le point sur la réalisation de ses engagements de campagne et de ses annonces en cours de mandat.

En 2012, François Hollande promettait une "sécurisation des parcours professionnels" Promesse tenue de François Hollande négociée avec les partenaires sociaux, "pour que chaque salarié puisse se maintenir dans l'entreprise ou l'emploi et accéder à  la formation professionnelle". Un engagement concrétisé en deux temps, avec la loi sur l'emploi de 2013 et la réforme de la formation professionnelle en 2014.

L'une des grandes nouveautés de cette réforme est la mise en place du compte personnel de formation (CPF), qui a succédé au droit individuel à  la formation (DIF). Le nouveau dispositif permet de conserver automatiquement et indéfiniment ses droits à  la formation tout au long de sa carrière, y compris pendant les périodes de chômage. La plafond d'heures de formation auxquelles le compte donne droit passe de 120 à  150.

En outre, l'autorisation de l'employeur n'est plus nécessaire pour effectuer une formation au titre du CPF si elle se déroule en dehors des heures de travail. L'accès à  ce compte par Internet ne devrait plus permettre aux entreprises d'effectuer une demande de formation à  la place de l'employé, comme c'était souvent le cas avec le DIF.

Mis en œuvre le 1er janvier 2015, le CPF avait connu des débuts poussifs, de quoi alimenter les critiques à  son encontre. Mais après un an d'existence, il dépasse le DIF au niveau du nombre de dossiers validés, comme le montre le graphique ci-dessous.

De plus, ce sont les chômeurs qui ont majoritairement profité de ce nouveau compte, ce qui répond aussi à  l'ambition d'orienter la formation vers ce public. Reste à  savoir si l'ascension continuera. Le Centre d'études et de recherche sur les qualifications (CEREQ), estime que "lorsqu'en 2011, seuls 5,2 % des salariés l'ont utilisé et avec une durée moyenne des formations qui stagne autour d'une vingtaine d'heures, le droit individuel à  la formation n'a pas remporté le succès escompté."

La réforme de la formation professionnelle a également légèrement modifié le système de financement des différents dispositifs de formation : taux de cotisation modifiés, fin du financement des syndicats par les fonds consacrés à  la formation professionnelle, obligation pour les entreprises de mettre en œuvre des plans de financements, et pas seulement de cotiser…

Mais ce que le candidat Hollande promettait en 2012 était avant tout de concentrer le financement de la formation "sur les publics les plus fragiles, les moins formés et les chômeurs". Promesse tenue de François Hollande

Une ambition mise en œuvre, outre le CPF, grâce à  plusieurs dispositifs de formation prioritaire à  destination des chômeurs, qui ont concerné 30 000 personnes en 2013, puis 100 000 bénéficiaires en 2014 Promesse tenue de François Hollande et 2015. Dans ses vœux 2016, François Hollande a marqué sa volonté d'aller plus loin en annonçant 500 000 nouvelles formations pour les chômeurs d'ici la fin du quinquennat Nouvelle annonce de mandat. Une ambition "hors de portée" selon les critiques, qui remettent aussi en cause son efficacité. "Ce n'est pas tout d'être formé, il faut trouver un emploi à  la clef. […] Comment on fait pour créer des emplois ?", s'est ainsi interrogé Jean-Claude Mailly (FO).

D'autant que le nouveau plan est axé sur les "métiers de demain" alors que les précédents visaient les métiers "en tension", c'est-à -dire qui peinent à  recruter. Les études récentes soulignaient un relatif succès de ce type de formation prioritaire, avec un taux d'insertion dans le marché de l'emploi supérieur à  la moyenne.

Le candidat socialiste n'avait cessé de le répéter en 2012 : la jeunesse était sa priorité. Il avait ainsi annoncé pendant sa campagne plusieurs dispositifs spécifiquement destinés aux jeunes.

L'engagement d'offrir "à  tout jeune déscolarisé de 16 à  18 ans une solution de formation, d'apprentissage ou un service civique" Promesse tenue de François Hollande a été largement mis en œuvre par la mise en place d'un capital formation pour les jeunes décrocheurs scolaires Promesse tenue de François Hollande, qui permet chaque année à  environ 25 000 bénéficiaires de retourner en formation ou en service civique.

En 2012 le gouvernement s'était fixé l'objectif d'atteindre le nombre de 500 000 contrats d'apprentissage à  la fin du quinquennat Promesse pas encore tenue de François Hollande. Ce dispositif permet aux jeunes âgés de moins de 25 ans de se former au sein d'une entreprise. Mais au début du quinquennat, la majorité socialiste a commencé par réduire les aides à  l'apprentissage, entraînant un recul du nombre de contrats.

Elle a ensuite fait marche arrière, en rétablissant puis étendant l'aide à  l'apprentissage qu'elle avait elle-même supprimée. Si le gouvernement a bien réformé la taxe d'apprentissage en 2013, une partie de ses recettes n'est toujours pas orientée vers financement de l'apprentissage (EPT).

Difficile, dans ces conditions, de croire à  la réalisation de l'objectif de 500 000 apprentis en 2017. François Hollande s'est contenté de promettre lors de ses voeux du 31 décembre d'ouvrir "largement" les filières de l'apprentissage Promesse pas encore tenue de François Hollande, afin "qu'aucun apprenti ne soit sans employeur et qu'aucun employeur ne demeure sans apprenti" – sans plus de précisions.

Ce sera peut-être l'occasion de relancer son idée d'ouvrir le dispositif à  tous les chômeurs de longue durée Promesse pas encore tenue de François Hollande, restée lettre morte depuis bientôt deux ans.

Bastien Augey et Maxime Vaudano

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