Cheikh Saliou Mbacké - «L'islam n'est pas contre l'espacement des naissances»

Lignedircte.sn-La religion musulmane «n'est pas contre l'espacement des naissances», a annoncé le coordonnateur du Cadre des religieux pour la Santé et le développement (CRSD) au Sénégal, lors d'une conférence de presse tenue mardi à Dakar.

«L'espace des naissances est bien permis par l'Islam, depuis l'époque du Prophète, depuis le azl. Pour analogie, nous pensons que le azl doit être comparé aux méthodes modernes de contraception», a dit Cheikh Saliou Mbacké.

Selon M. Mbacké, la planification familiale en tant que moyen d'espacement des naissances est permise en Islam pour les couples légalement constitués.

«Toutes les méthodes traditionnelles et modernes conformes aux conditions de légalité, de sûreté et de temporalité posées par l'Islam sont autorisées», a-t-il ajouté.

Pour sa part Bou Mouhammed dit Cheikh Khalifa Bou Kounta de NDiassane a ajouté que le CRSD va travailler pour «le bien-être des familles» depuis une perspective religieuse.

«Nous voulons que les familles soient bien portantes afin qu'elles soient dans la mesure d'accomplir leur devoir religieux et d'être utiles à leur société. Le Prophète Mouhamed (PSL) disait que Dieu a plus besoins d'hommes forts et bien portants. Or, on ne peut pas voir d'hommes forts et biens portants si la famille n'est pas en bonne santé», a renchéri, le représentant de la famille de Ndiassane.

L'imam Kounta soutient que c'est Dieu qui a ordonné à l'homme dans le Coran, d'éviter toute chose qui est nuisible à sa santé. «Or, le rapprochement des naissances est néfaste pour la santé de la femme», a-t-il poursuivi.

D'après les chiffres officielles relevés par ces acteurs religieux, la situation de la santé maternelle et infantile liée à la reproduction est très préoccupante au Sénégal. Les taux de mortalité infanto-juvénile et maternelle sont trop élevés. Au moins 75 décès pour 1.000 enfants de moins de 5 ans et 392 décès de femmes pour 100. 000 naissances vivantes, sont enregistrés chaque année.

«Quand nous disons Oui à la planification familiale, c'est dire, on se demande si c'est utile d'avoir beaucoup d'enfants sans pouvoir les éduquer, sans pouvoir les donner de quoi manger. Nous savons ce qui se passe au Sénégal, où nous avons des enfants de la rue, des mamans ou des papas qui sortent le matin et reviennent le soir, sans avoir quelque chose à donner à manger à leurs enfants»a rappelé le pasteur Pierre Adama Faye.

Pour le Pasteur, les religieux sont appelés à jouer le maillage entre le temporel et le religieux. «Le temporel, c'est que nous appuyons l'Etat à aller au fond fin des régions, des quartiers où l'Etat n'a pas la parole», a-t-il expliqué.

Il faut noter que ces religieux ont précisé qu'il faut faire la différence entre la limitation et l'organisation des naissances surtout pour la religion musulmane, qui est favorable à l'organisation, c'est-à-dire l'espacement des grossesses et rejette la limitation des naissances.

Mariama Diémè

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